grossissement

Diaphragme en digiscopie. Association lunette / appareil photo.

  • 26 février 2017

Le diaphragme en digiscopie. Il n’est pas toujours facile d’évaluer le diaphragme qui résulte de l’association d’un appareil photo à une lunette d’observation. Essayons d’apporter un peu de lumière à ce problème.

Réflexion sur la valeur et l’utilité du diaphragme de la combinaison lunette – APN.

Avant d’entrer dans le vif du sujet, faisons quelques rappels.

1. Pupille d’entrée.

Il s’agit de l’image du diaphragme donnée vers l’avant par la partie du système optique située en amont du diaphragme. Pour un objectif photo à pleine ouverture, cette pupille d’entrée correspond à la lentille frontale de l’optique. Son diamètre est égal à celui de cette même lentille.

Pour une lunette d’observation ou longue vue ne possédant pas de diaphragme, il s’agira toujours de la lentille frontale. Son diamètre est égal au diamètre de celle-ci.

2. Pupille de sortie.

Il s’agit de l’image du diaphragme donnée vers l’arrière par la partie du système optique située en aval du diaphragme. Pour un objectif photo à pleine ouverture, cette pupille de sortie correspond à l’image de la lentille frontale donnée par la lentille arrière.

Pour une lunette d’observation ou longue vue ne possédant pas de diaphragme, il s’agit de l’image de la lentille frontale donnée par l’oculaire. Rappelons que son diamètre est défini par le rapport du diamètre de la lentille frontale au grossissement. Pour une lunette dont la lentille mesure 80 mm de diamètre et possédant un oculaire zoom de 25-50x, la pupille de sortie mesure 80/25= 3.2 mm à 25x et 80/50=1.6 mm à 50x.

3. Diaphragme.

Un système optique possède toujours un diaphragme d’ouverture, que ce soit une lentille (ou sa monture) ou un diaphragme indépendant.

Sur une lunette, on cherche à faire passer un maximum de lumière au travers de l’instrument. Elle sera donc construite de telle sorte que le diaphragme soit la lentille la plus grande. Il s’agira donc toujours de la lentille frontale. Comme elle est de taille fixe, la quantité de lumière qui la traverse est constante et ne peut pas être modifiée par l’utilisateur.

Reprenons l’exemple de la lunette citée plus haut. En utilisant la formule du grossissement, nous pouvons calculer les focales équivalentes aux deux grossissements extrêmes.

Donc  : au grossissement de 25x, la focale équivalente est de 25 x 50 = 1250 mm et au grossissement de 50 x, elle est de 50 x 50 = 2500 mm

De même, avec la formule du diamètre de l’ouverture de diaphragme, nous pouvons calculer le diaphragme équivalent aux deux grossissements extrêmes.

Donc : au grossissement de 25x, le diaphragme équivalent est de 1250/80 = 15.6 (f/16) et au grossissement de 50x, il est de 2500/80 = 31.25 (f/32)

En photographie, le problème est différent. L’ouverture ayant une influence sur la profondeur de champ (Pdc) et le temps de pose, on veut la contrôler en fonction de l’effet recherché. On placera dès lors au sein de l’objectif un diaphragme physique avec un diamètre ajustable qui servira de diaphragme d’ouverture.

Dans le cas de l’objectif photographique, le diaphragme d’ouverture est constitué d’un plan opaque percé d’un trou formé par des lamelles mobiles (diaphragme en iris). Il est de taille variable et permet donc de moduler la quantité de lumière qui atteint la pellicule ou le capteur numérique. L’ouverture d’un objectif est le réglage qui permet de faire varier le diamètre du diaphragme. Le nombre d’ouverture (N) est un nombre sans dimension caractérisé par le rapport de la focale f au diamètre de la pupille d’entrée d.

Vous noterez que les variables caractérisant les focale, diaphragme ou nombre d’ouverture et pupille d’entrée ont changé afin de les adapter au langage plus communément accepté en photographie.

On voit qu’à focale constante, le diamètre de la pupille d’entrée (ou diaphragme) diminue si le nombre d’ouverture augmente et inversement. Les fabricants indiquent toujours l’ouverture maximale disponible du diaphragme. Elle est aussi qualifiée d’ouverture utile.

Le diamètre du diaphragme d’ouverture a une influence sur différents phénomènes plus ou moins importants pour le photographe.

A. La profondeur de champ (Pdc).
Elle est liée à l’ouverture du diaphragme par

On voit donc qu’à focale constante et pour un sujet à même distance de l’appareil photo, la profondeur de champ augmente à mesure que le diamètre du diaphragme diminue. De même on peut dire que si le nombre d’ouverture augmente, la profondeur de champ augmente aussi.

 

B. Le vignettage.
C’est l’obscurcissement des bords et surtout des angles de la photographie. Il suffit en général de fermer le diaphragme de un ou deux crans pour supprimer cet effet gênant.

C. L’aberration chromatique.
Elle résulte de la variation de l’indice de réfraction du matériau de constructions des lentilles en fonction de la longueur d’onde de la lumière qui les traverse. Or les différentes couleurs qui composent la lumière possèdent des longueurs d’onde différentes. L’aberration chromatique se traduit donc par une perte de netteté mais surtout par des contours irisés de différentes couleurs (bleu, rouge ou verts dans la plupart des cas) dans l’image.

D. Le piqué.
Utilisé en photographie, il qualifie la qualité de détail d’une image. Plus le piqué sera grand, plus la photo donnera l’impression d’être nette. On observe souvent les effets suivants (attention, ceux-ci et tout particulièrement les valeurs de nombre d’ouverture associées peuvent varier en fonction des caractéristiques optiques de vos objectifs) :
 a. Le piqué n’est pas optimal à pleine ouverture.
 b. Il atteint son maximum aux alentours de f/5.6.
 c. Il baisse au centre mais augmente aux bords de l’image à environ f/8.
 d. Il ne fait plus que baisser au-delà de f/11.

En conclusion, retenons que :

  • La profondeur de champ augmente à mesure que l’on ferme le diaphragme.
  • Le vignettage est très marqué (la qualité est faible) aux grandes ouvertures. Il est souvent négligeable à partir de f/4.
  • Les aberrations chromatiques diminuent (la qualité de l’image est grande) lorsque l’on ferme le diaphragme.
  • Le piqué est généralement maximal à 2 ou 3 stops de l’ouverture la plus grande. Avant et après il diminue.

La lunette associée à un appareil photo numérique.

1. Un appareil numérique compact.

Prenons l’exemple d’une longue vue de 80 mm de diamètre équipée d’un oculaire zoom de 25-50x. Calculons le diamètre de sa pupille de sortie pour différents grossissements significatifs pour la suite de la discussion.

  • Au grossissement 25x, le diamètre de la pupille de sortie vaut 80/25 = 3.2 mm
  • Au grossissement 36x, le diamètre de la pupille de sortie vaut 80/36 = 2.2 mm
  • Au grossissement 40x, le diamètre de la pupille de sortie vaut 80/40 = 2.0 mm
  • Au grossissement 50x, le diamètre de la pupille de sortie vaut 80/50 = 1.6 mm

Nous allons lui adjoindre un APN compact, à savoir un Canon Ixus 310 HS. Il nous faudra le régler à sa focale équivalente à 50 mm en plein format 24×36. Comment faire ?

A. Le constructeur mentionne dans les caractéristiques de l’APN les focales équivalent à un plein format :
24 – 105 mm

B. Le constructeur mentionne la taille du capteur (1/2.3 ‘’ de diagonale) et les focales réelles de l’objectif de l’APN (4.3 – 18.8 mm). Il nous faut dès lors calculer le facteur de correction inhérent à la taille du capteur pour déterminer les focales équivalentes au plein format.

Attention, le pouce (‘’) utilisé n’est pas un pouce «normal» de 25.4 mm mais de 16 mm (ne me demandez pas pourquoi, je n’en sais rien). La diagonale de ce capteur vaut donc 16 x 1/2.3 = 6.95 mm. La diagonale d’un capteur plein format ou 24×36 vaut quant à elle 43.26 mm. Le facteur de correction est donc de 43.26/6.95 = 6.22. Ceci nous permet d’évaluer les focales équivalentes à un plein format à partir des focale réelles : 6.22 x 4.3 = 26.74 mm et 6.22 x 18.8 = 116.93 mm. Le résultat reste plutôt approximatif surtout à la focale la plus élevée.

C. Le constructeur mentionne la taille du capteur (L=6.18 mm et l=4.55 mm) et les focales réelles de l’objectif de l’APN (4.3 – 18.8 mm). La diagonale de ce capteur vaut = 7.67 mm. Le facteur de correction est donc de 43.26/7.67 = 5.64. Ceci nous permet d’évaluer les focales équivalentes à un plein format à partir des focale réelles : 5.64 x 4.3 = 24.25 mm et 5.64 x 18.8 = 106.59 mm. Ce résultat est beaucoup plus proche des focales déclarées par le fabricant.

Une fois ceci fait, procédons comme suit :

1. Réglons l’APN à une focale de 8.8 mm (cadrage équivalent à 50 mm en 24×36, 50/5.64)
2. Lisons l’ouverture du diaphragme maximum autorisée à cette focale (f/4)
3. Calculons le diamètre de la pupille d’entrée (du diaphragme donc) dans ces conditions : 8.8/4 = 2.2mm

En comparant cette pupille d ‘entrée de l’APN aux pupilles de sortie de la lunette, nous voyons que, à pleine ouverture, jusqu’au grossissement de 36x, le système est diaphragmé par l’appareil photo à f/4. Au-delà de 36x, c’est la lunette qui diaphragme l’appareil photo. L’ouverture réelle est alors de 8.8/2 = f/4.5 à 40x par exemple et 8.8/1.6 = F/5.6 à 50x.

Régler la focale à l’équivalent de 50 mm en plein format présente plusieurs avantages. On conserve le grossissement de la lunette et on évite le vignettage. A une focale moins élevée, le grossissement de la lunette sera diminué d’un facteur valant sa valeur divisée par 50 (36x deviendra à 24 mm de focale 36x(24/50)=17.2 par exemple). Aussi, le champ de vision de l’objectif est tellement large que l’on constate un vignettage important que l’on ne peut supprimer même en fermant le diaphragme au maximum. À une focale plus élevée, l’ouverture utile diminuera de telle sorte que le temps de pose augmentera de manière significative (flou de mouvement de votre sujet) ou il faudra monter en ISO (augmentation du bruit encore acceptable jusqu’à 400 ISO et difficile à traiter au-delà)


 Jusqu’au grossissement de 36x, le système est diaphragmé par l’appareil photo à f/4. Nous voyons ci-dessus à gauche une photo prise avec priorité à l’ouverture (Av) à f/4 au grossissement de 25x. On obtient alors un temps de pose de 1/125 de seconde. A droite la même photo cette fois au grossissement de 36x, résulte en un temps de pose de 1/160 de seconde peu différent de 1/125 de l’autre image. Ceci tend à prouver que le diaphragme du système ne varie pas de l’une à l’autre.

Enfin voici toujours la même photo mais cette fois au grossissement de 50x. La lunette diaphragme cette fois l’APN à f/5.6 augmentant le temps de pose jusqu’au 1/40 de seconde. On ne pourra éliminer le flou de bougé qu’en montant en ISO avec une nouvelle fois une augmentation de bruit difficile voire impossible à gérer. N’oublions enfin pas qu’il est conseillé de viser un temps de pose au moins égal à l’inverse de la focale afin d’éviter, précisément, tout flou de bouger (à 25x, le temps de pose devrait être de 1/1250 de seconde et à 36x de 1/1800 !!!). Cela restera très difficile à obtenir, ayons donc pour but un temps de pose le plus court possible.

 2. Un appareil reflex numérique.

Prenons l’exemple d’une longue vue de 80 mm de diamètre équipée d’un oculaire zoom de 25-50x. Calculons le diamètre de sa pupille de sortie pour différents grossissements significatifs pour la suite de la discussion.

  • Au grossissement 25x, le diamètre de la pupille de sortie vaut 80/25 = 3.2 mm
  • Au grossissement 36x, le diamètre de la pupille de sortie vaut 80/36 = 2.2 mm
  • Au grossissement 40x, le diamètre de la pupille de sortie vaut 80/40 = 2.0 mm
  • Au grossissement 50x, le diamètre de la pupille de sortie vaut 80/50 = 1.6 mm

Nous allons lui adjoindre un reflex Canon EOS 600D. Il est conseillé de l’équiper d’un objectif à focale fixe de 50 mm (à nouveau son grossissement étant de 1x, il n’affectera pas le grossissement de la lunette) aussi lumineux que possible. Attention ne vous lancez pas dans de grosses dépenses pour acquérir un 50 mm f/1.2 par exemple. Nous utiliserons ici le Canon EF 50 mm f/1:1.4 (un f/1.8 fera encore parfaitement l’affaire). Il sera réglé en focus manuel sur l’infini.

Les diamètres de l’ouverture du diaphragme de cet objectif sont :

  • à f/1.4 de 35.7 mm
  • à f/2.8 de 17.8 mm
  • à f/5.6 de 8.9 mm
  • à f/8 de 6.2 mm
  • à f/11 de 4.5 mm
  • à f/16 de 3.1 mm
  • à f/22 de 2.2 mm

Nous voyons donc que, jusqu’à ce que l’APN soit diaphragmé à f/16, la pupille d’entrée de cet objectif reste plus grande que la pupille de sortie de la lunette. Nous pouvons supposer que ce système sera toujours diaphragmé par la lunette à diaphragme constant de l’APN jusqu’à f/16.

 

1. Entre les temps de pose à 36x et 50x à toutes les ouvertures de l’appareil photo, on constate une différence de 1IL comme prévu. Par contre entre 25x et 36x, il n’y a que 0.5IL de différence. Ceci tend à indiquer que f/16 est un peu trop optimiste. Il se rapproche plus de f/19 au grossissement de 25x.

2. A chaque fermeture d’un cran de l’APN correspond évidement une diminution de 1IL de l’ensemble lunette/appareil photo. Ceci conduit à des diaphragmes de la combinaison qui vont très vite compliquer l’exposition. Cet inconvénient peut être compensé par un allongement du temps de pose ou une augmentation de la sensibilité du capteur (montée en ISO). La première solution a une fâcheuse influence sur le flou de bougé particulièrement marqué aux grandes focales dont il est question. La seconde augmentera notoirement le bruit dû aux hauts ISO.

3. Pour ce qui est de la profondeur de champ, il est à supposer que le facteur limitatif sera le nombre d’ouverture de l’appareil photo car les diaphragmes relativement fermés de la lunette donnent une profondeur de champs de départ déjà importante.

En conclusion, il est préférable de travailler à diaphragme plein ouvert afin de ne pas obtenir des temps de pose trop longs en conservant un maximum de 800 ISO. Le bruit en résultant est encore très bien géré par les reflex numériques d’entrée de gamme. Si le besoin s’en fait sentir pour agrandir la profondeur de champ, il est conseillé de ne pas fermer le diaphragme de plus de deux crans.

3. Cas spécial du TLS APO de Swarowsky.

L’objectif TLS APO 30 mm a été conçu par Swarowsky pour former un système complet avec les nouvelles longues-vues d’observation ATX/STX. Il peut aussi être utilisé avec les lunettes plus anciennes que sont les ATS/STS moyennant un adaptateur fourni d’origine. Il ne possède pas de diaphragme réglable. Sa construction est telle que sa très petite lentille frontale se place presque exactement au dégagement oculaire de la lunette. Enfin, sa pupille d’entrée (ou diaphragme fixe) présente un diamètre d’environ 3.5 mm. Celle-ci reste dans tous les cas de grossissement de la longue vue supérieure à la pupille de sortie de cette  dernière. Dès lors, nous pouvons dire que l’APN sera toujours diaphragmé par la lunette à des valeurs allant de f/16 (ou f/19) à f/32 en fonction du grossissement utilisé.

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Parallèle entre grossissement et focale.

  • 21 janvier 2017

Comment évaluer le grossissement à partir de la focale et inversement.
Ou comment faire le parallèle entre grossissement et focale équivalente en photographie d’une lunette d’observation.

Dans cet article, nous allons essayer de répondre à une question qui m’a bien souvent été posée. « Dites-moi, votre super téléobjectif, il grossit combien de fois ? » ou encore « Quelle focale atteignez-vous avec votre longue vue ? ». Commençons par expliquer les mentions que l’on retrouve habituellement sur les jumelles et les lunettes d’approche que nous utilisons à des fins d’observation ornithologique ou autre d’ailleurs. Nous essayerons ensuite d’évaluer le rapport entre grossissement et focale d’une paire de jumelle, d’une longue vue ou d’un objectif photographique. Nous verrons enfin quels renseignements utiles nous pouvons en tirer afin de choisir et d’utiliser au mieux ces différents outils.

Tout d’abord, soyons clair, des jumelles ou une longue vue ne possèdent pas de focale propre, pas plus que de diaphragme contrairement à un objectif photo. De même, un objectif photo n’est jamais caractérisé par un grossissement mais bien par une focale et une ouverture maximum de son diaphragme (par exemple « Canon EF 300mm 1:2.8 L IS USM » ou 300 mm représente la focale et 1:2.8 l’ouverture maximale de son diaphragme).

Le grossissement.

Le grossissement est défini comme étant le rapport de la dimension angulaire de l’image à la dimension angulaire de l’objet. Donc le grossissement

D’après le schéma ci-dessus, on peut aussi admettre qu’un objet paraîtra être 8 fois plus proche de l’observateur en utilisant des jumelles de G = 8. Ceci est une définition plus communément admise et surtout comprise par la plupart des personnes.

Voyons maintenant si nous pouvons faire un rapprochement entre la focale d’un objectif et son grossissement équivalent. Cela sera plus facile à appréhender par tout un chacun alors qu’une longueur focale ne représente souvent qu’une donnée abstraite.

Il est admis que l’œil humain possède un grossissement de 1. Nous savons aussi qu’il est communément accepté qu’un objectif ayant une longueur focale de 50 mm fournisse une vision très proche de la vision de notre œil, il a donc aussi un grossissement de 1. En fait et pour les puristes, cette focale est de 43 mm. Nous nous contenterons de la très bonne approximation de 50 mm pour la suite de notre propos. Partant de là, on peut dire que le grossissement d’un objectif photo est égal à sa longueur focale divisée par 50. 

Dès lors, un super téléobjectif qui affiche 500mm 1:4 fournit un grossissement de 10x (500/50=10) et sa luminosité est représentée par le chiffre 4 (aussi indiqué par f/4). Ce chiffre ne possède pas de dimension. Il représente en fait le diamètre maximum utilisable de l’ouverture du diaphragme, donc la quantité maximum de lumière qui atteindra la pellicule ou le capteur numérique. Ce diamètre peut être calculé à l’aide de la formule suivante

Pour notre téléobjectif à pleine ouverture le diaphragme a un diamètre de 125 mm (f/4) et de 15,6 mm à sa plus petite ouverture (f/32). Notons que la pupille d’entrée à ouverture maximum du diaphragme est aussi le diamètre de la lentille frontale de l’optique. On voit que, à focale constante, si le nombre de diaphragme augmente, le diamètre d’ouverture de celui-ci diminue. Donc, plus le nombre de diaphragme que vous sélectionnez sur votre appareil est grand, plus le « trou » par lequel passera la lumière pour atteindre le capteur numérique sera petit. Ceci se traduit par une perte de lumière qui sera compensée par une vitesse d’obturation plus lente ou une augmentation de la sensibilité du capteur (les fameux ISO).

Les jumelles

Quelles sont les renseignements que l’on retrouve en général sur une paire de jumelles ?

Première indication :
10 x 42
 
Le premier nombre représente le grossissement des jumelles et le deuxième donne le diamètre de la lentille frontale. De ce qui précède, nous pouvons dire que la focale équivalente de ces jumelles est de
F = G x 50 = 10 x 50 = 500 mm
N’oublions toutefois pas que des jumelles ne possèdent pas de longueur focale et que cette conclusion est purement indicative à des fins d’éventuelle comparaison avec un objectif photographique.
Le deuxième nombre nous donne le diamètre de la lentille frontale. Ceci est une très bonne indication de la luminosité des jumelles. En effet, plus cette lentille est grande, plus la quantité de lumière qu’elle absorbera ou laissera passer est grande. Donc, à grand nombre, grande luminosité. 

Deuxième indication :
FOV 341 FT ou 346 FT @ 1000 YDS  /
  115 M @ 1000 M
Le champ visuel réel (Field Of View FOV) Il s’agit du champ angulaire observé à partir du centre des objectifs des jumelles. Il est donné par le constructeur en degrés (par exemple 6,6°). Les fabricants l’expriment le plus souvent en un nombre de mètres à 1000 mètres ou un nombre de pieds (feet) à 1000 yards, ce qui plus facile à appréhender pour le commun des mortels. Plus le grossissement est faible, plus le champ visuel réel est large, et inversement, un grossissement plus fort donne un champ visuel plus étroit. Par conséquent, les champs visuels réels de jumelles à grossissement différent ne sont pas comparables.

Il faut admettre que 346 pieds à 1000 yards ne me dit pas grand-chose. Nous ne sommes pas habitués aux pieds et encore moins aux yards. Il est toutefois facile de calculer que 1 pied @ 1000 yards vaut 0,333 m @ 1000 m et 1 m @ 1000 m est égal à 3,003 pieds @ 1000 yards. Donc 346 pieds @ 1000 yards = (346 x 0,333) m @ 1000 m = 115,2 m @ 1000 m.
Le champ visuel exprimé en degrés est beaucoup moins souvent mentionné sur les jumelles elles-mêmes. Il faudra consulter la documentation technique pour le trouver. Il faut bien admettre que, à nouveau, cette expression du champ visuel en degrés est plus difficile à se représenter. Petite digression trigonométrique. On sait qu’un milliradian est un angle qui intercepte un arc de 1 mm à 1 mètre, 1 mètre à 1000 mètre (tiens donc…) etc…

Il en découle qu’un degré soutien un arc de 17,45 mètres à une distance de 1000 mètres. Aussi, le champ visuel de 115 mètres à 1000 mètres équivaut à 115/17,45 = 6,59 degrés. De même, 6,59 degrés représentent un champ visuel de 17,45 x 6,59 = 115 mètres à 1000 mètres.

La pupille de sortie

Aussi appelé cercle oculaire, c’est le point lumineux rond que l’on observe lorsque l’on tient les jumelles à bout de bras et qui représente le diamètre en millimètres de l’image de la lentille frontale donnée par l’oculaire. Il est défini par le rapport du diamètre de la lentille frontale divisé par le grossissement. Par exemple pour une paire de jumelles 10×42 : 42/10 = 4,2 mm.
Idéalement ce diamètre doit être égal à celui de la pupille de l’œil pour une utilisation optimale de la lumière. Si la pupille de l’œil est différente de la pupille de sortie, on constate une perte plus ou moins importante de luminosité. Dans l’obscurité, les pupilles se dilatent afin de permettre de mieux voir. Inversement, dans la lumière du jour, elles se contractent afin de limiter la quantité de lumière atteignant la rétine pour éviter l’éblouissement. Cette dilatation ou contraction des pupilles devient de plus en plus difficile avec l’âge, la pupille étant moins souple. Le diamètre de notre pupille se situe en plein jour entre 2 et 3 mm, au crépuscule entre 4 et 6 mm et la nuit aux alentours de 7 mm.

La pupille de l’œil humain s’ouvrant de 2 à 3 mm maximum en plein jour. Les pupilles de sortie des jumelles devraient mesurer 3 mm environ.

La nuit par contre, nos pupilles se dilatent jusqu’à 7 mm dans l’obscurité, une pupille de sortie d’environ 3 mm ne transmettra pas suffisamment de lumière, ce qui rendra l’image sombre.

Les jumelles destinées à un usage nocturne doivent donc être dotées de larges pupilles de sortie ce qui les rend malheureusement plus lourdes et donc nettement plus encombrantes.

Indice crépusculaire
Ce chiffre indique la qualité optique d’une jumelle par mauvaise luminosité. Il s’obtient en extrayant la racine carrée du produit du diamètre de la lentille frontale et du grossissement. Par exemple pour une paire de jumelles 10×42 :√(10×42) = √420 = 20,49. Les jumelles qui conviennent le mieux à l’observation nocturne sont celles dont l’indice crépusculaire égale ou dépasse 49. Il faut cependant relativiser ce résultat car il tend à favoriser les gros diamètres. De plus il est pratiquement impossible à atteindre avec des jumelles. Il faudrait considérer une optique de 20×120 per exemple !!!

Le tableau suivant donne les pupilles de sortie et les indices crépusculaires des jumelles les plus communes de deux marques connues.

La longue vue

Tout ce qui a été dit précédemment concernant les jumelles reste valable et d’application pour une longue vue. Reprenons la fiche de données techniques de la Swarowsky ATS/STS 80 HD.

Prenons comme exemple la lunette équipée d’un oculaire 25-50x.

1. Grossissement.
Il correspond au premier nombre caractérisant les jumelles (10x42). Nous avons ici deux nombres car il s’agit d’un zoom grossissant de 25x à 50x.

2. Diamètre effectif de l’objectif.
Il s’agit du diamètre de la lentille frontale tout comme pour les jumelles. Il correspond au deuxième nombre (10x42). On peut considérer qu’il représente aussi la dimension de la pupille d’entrée de la longue vue.

3. Diamètre de la pupille de sortie.
Nous utilisons la même formule pour calculer sa valeur. Pupille de sortie = Ø/G = 80/25 = 3,2 et 80/50 = 1,6

4. Champ de vision et champ de vison réel.
Donnés et probablement mesurés par le fabricant, nous pouvons les vérifier à l’aide de la conversion suivante : 1° = 17,45 mètres à 1000 mètres.
2,4 ° correspond à 2.4 x 17.45 = 41.88 m @ 1000 m
1,55 ° correspond à 1.55 x 17.45 = 27.04 m @ 100 m

5. Champ de vision apparent.
Il représente l’angle sous lequel l’image est vue au travers de l’oculaire.
Il peut se calculer par G x champ de vision réel. Donc 2.4° x 25 = 60°

6. Le problème de la focale.
Comme mentionné plus haut, la focale est égale au grossissement x 50 (G x 50). Dès lors il est raisonnable de considérer une focale équivalente pour cette longue vue variant entre 1250 mm et 2500 mm. Pour la digiscopie, il faudra adjoindre à cette lunette un appareil photo, reflex par exemple, équipé de son propre objectif. Cet objectif possède naturellement son propre grossissement calculé par la formule G = focale / grossissement. Dans le cas du TLS/APO, sa focale étant de 30 mm, son grossissement est de 0,6. Celui de l’ensemble lunette/TLS/APO varie donc entre 0,6 x 25 = 15 et 0,6 x 50 = 30. Nous pouvons maintenant recalculer la focale de l’ensemble et nous trouvons 750 mm à 25x et 1500 mm à 50x.

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